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Forces terrestres

Symposium 2009 des Officiers de la Suisse Occidentale et du Tessin


Rapport sur la politique de Sécurité de la Suisse

Vendredi 23 octobre 2009

Centre Général Guisan à Pully Page externe. Le contenu sera ouvert dans la nouvelle fenêtre

 

Brigadier Philippe Rebord, Commandant de la Brigade d’infanterie 2

Il est de notre devoir d’être informés et d’informer…


Brigadier Philippe Rebord, commandant de la Brigade d’infanterie 2

C’est sur le thème de la stratégie de notre politique de sécurité que le commandant de la Brigade d’infanterie 2 a ouvert ce symposium 2009.

Après avoir dans un premier temps rappelé les trois conditions à la stratégie de base helvétique, le brigadier Philippe Rebord a fourni à l’assistance une mise à jour de la politique sécuritaire de notre pays.

C’est en rappelant les sentiments de l’opinion publique et de la presse - qui de manière générale ne croient pas en la « menace » – que le Brigadier a décrit le processus en place à Berne pour l’élaboration du nouveau rapport sur la politique de sécurité. Le Conseil Fédéral ayant en effet décidé d’évaluer désormais lors de chaque législature sa politique sécuritaire. L’analyse des risques de ce processus reste cette année relativement similaire à celles du passé. Toutefois ce sont les réponses aux risques identifiés qui changent.

Le Brigadier a mis en évidence l’importance de considérer les spécificités de « l’identité helvétique » que sont le fédéralisme, la démocratie directe, la neutralité et les 4 régions linguistiques.

Arrivé au terme de son introduction, le Brigadier a remercié les nombreux invités de ce Symposium et a souligné l’importance de faire vivre le site de Verte-Rive.

 


Col EMG Bruno Rösli, Chef adjoint de la Politique de la Sécurité DDPS, Secrétariat Général DDPS

Puissiez-vous vivre en des temps intéressants !


Colonel EMG Bruno Rösli, Chef adjoint de la Politique de sécurité DDPS

Cette malédiction chinoise était l’entrée en matière du Colonel EMG Bruno Rösli pour sa présentation du nouveau rapport sur la politique de sécurité. Cet adage représente probablement aussi le quotidien de tous les acteurs de la sécurité.

L’allocution du Colonel EMG a permis à l’assistance de mieux comprendre les conditions et méthodes qui ont menés à la définition du nouveau rapport de sécurité. Selon la demande du Conseil Fédéral une définition traditionnelle de la sécurité a été conservée. Ceci afin de disposer d’un concept gérable. L’objectif étant toujours de protéger le pays contre les dangers et menaces directs et indirects.

« Continuité ou changement ? », représentait la grande question qui a initié la définition de notre stratégie de sécurité. C’est donc bien par la compréhension du monde actuel que le processus passe…. sans oublier la prise en compte nécessaire des particularités suisses.

C’est en rappelant les tendances actuelles que sont la globalisation, l’évolution des rapports de force et la fragilité de l’ordre étatique et leurs conséquences sur la politique suisse que le Colonel EMG a voulu illustrer la réflexion du nouveau rapport sur la sécurité. Les exemples de dangers et menaces cités au cours de cette conférence auront permis à chacun de réaliser l’importance des enjeux.

« Peux t’on encore se permettre de se préparer au worst-case scenario ? » s’est interrogé le Colonel EMG afin de mettre en lumière la composante budgétaire et indissociable de l’établissement d’une stratégie de sécurité. L’attaque militaire contre la Suisse étant à la fois un scénario peu probable - mais aux potentielles répercussions importantes - et nécessitant des investissements importants pour s’en prémunir.

« Le rapport ne sera pas jugé comme spectaculaire » nous a annoncé le Colonel EMG. Il est le fruit du consensus qui donne également la chance de pouvoir obtenir un appui. Le nouveau rapport abandonne notamment la notion de « sécurité sectorielle » et met la priorité sur le maintien du savoir-faire de l’Armée.

En conclusion, le Colonel EMG a rappelé les critères d’une bonne stratégie : axée sur les menaces, réalisable et soutenue par la population et les autorités.

 


 Pr. Dr. Daniel Warner, The Graduate Institute, IHEID

Vision US de la sécurité


Pr. Dr. Daniel Warner, The Graduate Institute, IHEID

Le Dr Daniel Warner, démocrate, a axé son discours sur la vision des Etats-Unis de la sécurité. Dans ce pays il y a un problème de compréhension entre la défense (l’armée) et la sécurité (le climat, le crime, etc). De plus, il a mis en évidence 2 types de pouvoir propre aux divers présidents Américains. En premier la politique du hard power (« George Bush »)  qui consiste en une utilisation de l'armée et des moyens traditionnels pour résoudre des crises. En opposition, on trouve donc le soft power (Jimmy carter, Obama) dont la principale action est de convaincre les Etats à problèmes de changer leurs politiques sans utiliser la force. Une influence sur le monde qui aide les Etats-Unis dans sa politique étrangère. Après les neufs premiers mois d’Obama au poste de président avec sa politique de soft power qui ne fonctionne pas avec certains états, la question et de savoir ce qu’il va faire ? Il faudra sûrement trouver le juste milieu pour faire face aux problèmes et conflits de ce début du 21ème siècle en y instaurant un smart power qui sera encore à définir.

 


Général de Corps d'Armée Thierry Cambournac, Chef de la Mission pour la coordination de la réforme

Mettre en cohérence nos moyens et nos ambitions


Général de corps d’armée Thierry Cambournac, Chargé de la mission pour la conduite de la réforme de l’Armée française

Le ton présidentiel était donné avec cette réponse du Président Nicolas Sarkozy au moment d’évoquer les réformes qui attendaient l’Armée française. Bien qu’ayant déjà connu il y a quelques années une réforme importante avec sa professionnalisation, l’Armée française a donc entamé la rédaction d’un « livre blanc » sur la défense et la sécurité nationale. Cet ouvrage - visant à définir une unique stratégie tant pour la défense que pour la sécurité – a débouché sur des constats et des conclusions que le Général de corps d’armée a partagé avec son public.

C’est avec des mots simples, un langage clair et beaucoup de lucidité que le Général de corps a exposé les constats tiré de l’ouvrage. « La fin de l’histoire n’est pas encore pour aujourd’hui ! » a-t’il par exemple exclamé afin d’évoquer que la guerre existe toujours dans le monde.

Le public aura apprécié l’application de notre conférencier à expliquer les conclusions et les orientations qui en ont été tirées de cette réflexion. L’Armée française ayant notamment décidé de revoir ses ambitions militaires à la baisse tout en étant capable de contribuer à la résolution de conflits. « Il faut également développer notre connaissance-anticipation » voilà l’un des axes prioritaires pour le Général de corps d’armée, qui souhaite que son pays soit capable d’avoir sa propre appréciation des événements dans le Monde.

Que tirer de ces constats et conclusions ? C’est par des exemples concrets et marquants que les changements majeurs qui s’opèrent ont été mis en lumière. Réduction des moyens administratifs, sous-traitance de l’habillement et du ravitaillement, externalisation des moyens de transports et vente du parc immobilier au profit de prises de location tels sont les pistes qui ont été évoquées par le Général de corps d’armée.

« Faire notre métier du mieux possible », volonté de tout militaire et conclusion de cette présentation.

 


Pr. Uli Windisch, UNIGE, département sociologie

Aspects sociologiques de la sécurité


Pr. Uli Windisch, UNIGE, département sociologie

Lors de son discours pour le symposium 2009, le Professeur Uli Windisch nous parle des aspects sociologiques de la sécurité. Ces dernières années, l’image de l'armée a totalement changé. Autrefois lorsqu’il y avait des grands travaux de constructions comme les forts, bases militaires, la population était enthousiasmée. Maintenant un fossé c'est creusé entre l armée et la population. Dès lors, comment la justifier et la légitimer dans un contexte sécuritaire croissant ? Il faut que la population sente que l'armée fait partie de la sécurité et non pas que de la défense du territoire. Qu’elles sont ces missions dans la sécurité intérieure ?  Pour cela il faut redéfinir son rôle et son image, créer des actes symboliques forts afin que les habitants de ce pays ressentes qu’ils y sont impliqués. Réapprendre à parler de la Suisse et de son système unique qui est le fédéralisme. Il faut revaloriser cet élan patriotique qui fut jadis la fierté du peuple à son pays. Au final il serait important que l'armée prenne exemple sur le potentiel et la richesse du fédéralisme afin de se tourner vers l'avenir.

 


Podium  Symposium

Moments forts des questions aux orateurs


Le Colonel EMG Peter Schneider a conduit  la séance de questions qui a été proposée en fin de Symposium, en voici les moments forts en fonction des sujets abordés.

Tendances et évolutions des rapports de force

Col EMG Bruno Rösli : « Prévoir la vitesse de renversement des rapports de force mondiaux relève de la boule de crystal »

Pr. Dr. Daniel Warner : « Le rapport de force entre les Etats change, mais aussi attention à un autre changement : l’Etat est en train de disparaître ! ».

Phénomène de l’immigration et définition de la meilleure armée du monde

Général de corps d’armée Thierry Cambournac : « L’intégration sociale est une des valeurs que l’on reconnaît unanimement à l’Armée »

Pr. Uli Windisch : « Le terreau commun qui existe en chaque Suisse est d’une actualité brûlante ».

Col. EMG Bruno Rösli : « Il faut parler de politique de sécurité et non de politique de défense » :

Pénétration des médias

Col. EMG Bruno Rösli : « Pénétrer les médias n’est pas le rôle de l’Armée. »
 
Pr. Uli Windisch : « L’Armée doit apprendre à présenter au public pourquoi elle est indispensable ».

Pr. Dr. Warner : « Le contribuable doit savoir pourquoi il paie ! ».

 

 

Pour des questions concernant cette page: Brigade d'infanterie 2
Dernière modification: 22.04.2010
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